Arrivée dans le massif

5h30, le réveil sonne pour l’ensemble de l’équipe. Un bus scolaire et un chauffeur de l’armée gentiment affrété par Yusni, Nina et Nida, nous attend en bas.

Le bus doit nous emmener à Linomoyio, un petit village situé au plus près du point de départ qu’Evrard a choisi. De là, nous chevaucherons des pirogues pendant une heure ou deux à contre-courant jusqu’à atteindre les contreforts du massif, une belle grotte et d’innombrables résurgences d’eau cristalline. Ça promet.

Cédric et Yanick, les deux frères suisses (et surexcités) de l’équipe, mènent la danse et à 6h15, le bus est chargé de nos bagages et kilos de riz, œufs, légumes pour la popote des 2 prochains jours.

Après quelques ultimes soucis bancaires, notre bus scolaire s’est mis en route et a quitté Kendari. « Yallah » comme dirait Mathieu, c’est parti!

5 heures plus tard après avoir longé la cote est de Sulawesi, nous avons débarqué à la hauteur d’un pont sur la rivière Lindu, point de départ prévu par Evrard pour attaquer la traversée du massif.

Les 4 pirogues du coin sont louées pour remonter la rivière puis un affluent de celle-ci jusqu’à notre camp de base. Mais deux voyages sont nécessaires pour monter toute notre équipe ainsi que le matériel. Au deuxième voyage, nous avons accueilli Anne-Sophie, Aurélie et Jean-Michel fraichement débarqués du petit aéroport de Jakarta ce matin. Voici la réaction de ce dernier:

« Nous sommes accueillis par une cohorte hirsute de joyeux drilles, éructant et vociférant à tout va. Une montagne de sacs git au bord de la rivière sous les regards interrogateurs d’une foule bigarrée. Les présentations faites, le matériel est promptement conditionné sur les pirogues. Nous partons vers le premier camp vers 17h. Rapidement, la nuit tombe et l’impressionnant massif karstique, à peine aperçu à la pointe de nos embarcations, s’évapore dans les ombres vespérales. Les falaises du Matarombeo sont bien là. Gigantesques, abruptes, hostiles, ultimes remparts à notre farouche épopée. La navigation se fait désormais à la lueur de la lune qui orne la cime solitaire de grands arbres comme un point sur un i. Sur les berges, mille bruits, mille hurlements accompagnent ce premier périple. Nous atteignons l’emplacement du camp de base vers 19h. Les hamacs, tentes et autres lieux de couchage sont installés dans un joyeux désordre. Mais contre toute attente, l’organisation de ce petit village trouve son point d’orgue avec la mise en place de la cantine de terrain. Ce camp avancé offre toutes les commodités. Zone plate, à proximité de la rivière et surtout à quelques brasses des contreforts du karst. Minuit, les dernières discussions s’éteignent, la forêt nous couvre de ses charpentières, 48 heures à peine après notre départ de France. »

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